TEST Digimon Story Time Stranger sur Nintendo Switch 2
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Annoncé le 8 décembre 2017, Digimon Story Time Stranger aura connu l’un des développements les plus longs de l’histoire de la franchise. Sorti en octobre dernier sur PS5, PS4, Xbox Series et PC, le jeu avait su convaincre la rédaction en offrant enfin aux fans de la licence l’épisode ambitieux qu’ils attendaient depuis Cyber Sleuth – Hacker’s Memory. Reste que la franchise Digimon a toujours entretenu un rapport particulier avec le nomadisme depuis ses origines sur consoles portables, et Bandai Namco ne l’a visiblement pas oublié : le RPG débarque aujourd’hui sur Nintendo Switch 2. Après avoir posé nos valises sur PS5 il y a quelques mois, direction cette fois la version portable pour voir ce que donne cette itération.
Test réalisé sur Nintendo Switch 2 grâce à une version numérique fournie par l’éditeur
Un rappel s’impose
Pour ceux qui n’auraient pas suivi notre test initial (et on ne vous en voudra pas, l’actualité de cette fin d’année fut particulièrement chargée), un petit rappel de ce qu’est Digimon Story Time Stranger s’impose avant d’entrer dans le vif du sujet. Le joueur y incarne un agent d’ADAMAS, une organisation secrète chargée d’enquêter sur des phénomènes étranges, façon Men in Black ou section Fringe. À la suite d’évènements préoccupants survenus à Shibuya, notre protagoniste se retrouve envoyé sur place, fait la rencontre d’une jeune fille et échappe de justesse à un Digimon colossal. Les éléments scénaristiques se mettent alors rapidement en place et viennent mêler voyage temporel et découverte du monde d’Iliade, où vivent les Digimon.
Cette alternance entre monde réel et monde fantastique permet au jeu de varier régulièrement les environnements, entre zones urbaines assez dépouillées et paysages d’Iliade nettement plus chatoyants. On y retrouve également tous les poncifs propres au shōnen et au J-RPG nippon : le père qui élève seul sa fille après la disparition de sa femme, le personnage craintif au possible qui va se retrouver au centre de l’intrigue, des dialogues parfois un peu niais. Rien de bien méchant, mais les amateurs de RPG occidentaux, moins habitués à ce type de discours, pourront trouver le temps un peu long par moments.
Une mécanique de jeu qui a fait ses preuves
Côté gameplay, Time Stranger reprend et creuse les fondations posées par le duo Cyber Sleuth. On y retrouve un système de combat au tour par tour d’une richesse assez impressionnante : chaque Digimon possède un attribut (Virus, Anti-Virus, Donnée…), des éléments qui octroient des compatibilités favorables ou défavorables, ainsi qu’une personnalité qui détermine la croissance de ses statistiques. Cette personnalité peut d’ailleurs être modifiée durant les conversations ou via les entraînements à la Digiferme, accessible depuis le Cinéma de l’Entremonde.
L’univers chatoyant du jeu rend particulièrement bien sur l’écran de la Nintendo Switch 2
Plus de 450 créatures composent le bestiaire du jeu, chacune récupérable en accumulant des données lors des rencontres. Une fois 100 % de données obtenues sur un Digimon donné, celles-ci peuvent être converties, avec la possibilité de grimper jusqu’à 200 % pour maximiser les caractéristiques de la créature obtenue. Les digivolutions étant non linéaires, un même Digimon de base peut suivre plusieurs chemins d’évolution complètement différents selon les choix effectués, ce qui pousse naturellement à la conversion en masse et à l’expérimentation de multiples combinaisons. Chaque créature dispose par ailleurs de compétences spéciales propres, mais aussi de jusqu’à quatre compétences de liaison détachables et stockables à l’envie, en plus de deux emplacements d’équipement pour peaufiner un peu plus sa build.
En parallèle, notre protagoniste dispose d’un Niveau d’Agent défini par les points d’anomalie dépensés dans cinq arbres de compétences, qui apportent bonus de statistiques ou d’expérience selon les types de Digimon, ainsi que de nouveaux Arts Croisés à débloquer.
Le jeu ne fait pas l’impasse sur les fonctionnalités de confort désormais attendues dans le genre : combats accélérables jusqu’à x5, mode auto pour les affrontements les moins significatifs, rencontres non aléatoires avec ennemis visibles sur la mini-map et possibilité de lancer une Digiattaque en pressant la gâchette correspondante pour infliger des dégâts préventifs et démarrer le combat suivant avec l’avantage. Des ajouts qui viennent casser le rythme parfois lancinant propre aux J-RPG nippons, et qu’on avait particulièrement appréciés lors de notre session PS5.
À noter également, pour ceux qui suivraient le jeu depuis sa sortie initiale : les combats de boss, désignés par le célèbre Ōgure Ito (Tenjō Tenge, Air Gear), restent le principal point de friction en matière de difficulté, avec des pics parfois mal dosés qui contrastent avec un jeu globalement accessible en dehors de ces affrontements.
Et la Switch 2 dans tout ça ?
Comme nous pouvions légitimement nous y attendre, Digimon Story Time Stranger embarque deux modes graphiques sur Nintendo Switch 2. S’il a été développé avec les consoles de salon et le PC en tête, le jeu n’est pas des plus gourmands et peut sans problème tourner sur Switch ainsi que Switch 2. Nous ne nous attarderons toutefois que sur cette dernière, puisque nous n’étions pas en mesure de mettre la main sur une Nintendo Switch première du nom pour l’essayer dessus.
Tout d’abord, il nous semble important de préciser que l’édition boîte du jeu sur Nintendo Switch donne accès à l’upgrade Nintendo Switch 2 sans aucun surcoût. Une aubaine pour les collectionneurs, mais aussi pour ceux qui souhaiteraient en faire profiter leurs proches n’ayant pas la dernière console de Nintendo. En effet, la version physique Nintendo Switch 2 ne permet pas d’être jouée sur Nintendo Switch et est vendue sous le format carte clé de jeu qui nécessitera quoi qu’il arrive le téléchargement du soft.
Optimiser ses créatures peut vite devenir une obsession, surtout quand on peut emmener le jeu partout avec soi
Ces détails techniques passés, nous pouvons nous attarder sur le rendu du jeu. Si des concessions ont été réalisées, le portage s’avère être d’une qualité tout à fait satisfaisante, offrant un mode Qualité et un mode Performance, tous deux accessibles à tout moment, sans même avoir à passer par le menu principal ou recharger sa partie. Point de surprise ici, le mode Performance s’efforce de faire tourner le jeu à un framerate plus élevé (60 images par seconde) en délaissant la résolution. Cela implique un rendu un brin perturbant, même en configuration portable.
En effet, les décors deviennent flous et les traits des textures sont moins précis. Digimon Story Time Stranger n’est pas vraiment de ces jeux qui rivalisent avec les AAA en termes de réalisation, mais la perte nous semble assez considérable pour envisager d’utiliser le mode Qualité. D’autant que ce dernier affiche tout de même des couleurs plus profondes, plus contrastées et des effets de lumière un peu moins approximatifs. Évidemment, les performances du jeu en pâtissent, puisque cela le fait tourner à un framerate de 30 images par seconde.
Ce qui m’aurait largement dérangé sur un jeu d’action ou encore un jeu de shoot m’a beaucoup moins embêté ici, et la concession technique m’a semblé tout à fait acceptable. Je reste persuadé que la Nintendo Switch 2 a les capacités pour faire tourner un jeu comme Digimon Story Time Stranger à son plein potentiel, sans devoir mettre de côté les graphismes, la résolution ou le framerate, mais puisqu’il est ici question de faire un choix, j’ai préféré mettre en avant la qualité. Il faut reconnaître que Media Vision a su faire le nécessaire pour retranscrire au mieux les Digimon, avec un rendu vraiment satisfaisant.
Encore une fois, rien de transcendant sur le papier, mais compte tenu des derniers jeux Digimon parus, et s’il fallait comparer la licence à celle que l’on aime lui opposer depuis ses débuts, à savoir Pokémon, on ne peut que saluer le travail effectué. Ceci étant dit, quel que soit le mode visuel choisi, le reste des décors semblera toujours assez basique, parfois un peu baveux. Les temps de chargement sont toujours présents et hachent un peu la progression, mais ce sont également eux qui permettent de recharger les zones en Digimon ennemis afin de farmer.
Les combats du jeu sont toujours aussi plaisants
Un titre adapté au nomadisme ?
Finalement, et comme on l’imaginait dès notre première prise en main du jeu il y a presque un an de cela, le jeu est parfaitement pensé pour la Nintendo Switch 2. En vadrouille, que ce soit à l’extérieur ou dans les transports, les sessions de jeu courtes sont l’occasion idéale pour farmer un peu ou optimiser son équipe. Une fois à domicile, docker la console offre un confort de jeu appréciable pour les sessions plus longues, les donjons ou encore les combats de boss.
Reste qu’il faut toujours jongler entre de nombreux menus pour gérer les digivolutions de son équipe, les attaques, les statistiques. Et si le titre comporte déjà son lot de raccourcis et optimisations, notamment en combats avec la possibilité d’augmenter la vitesse des affrontements allant de x1 à x5, pouvoir utiliser l’écran tactile aurait sans doute été un plus notable. En fait, notre plus grande déception sera l’absence de nouveautés propres à cette version, qui auraient pu lui donner une saveur encore plus appréciable, ou encore l’absence de cross-save. Certes, c’est une fonctionnalité encore réservée aux titres d’envergure puisqu’elle demande généralement d’être gérée directement par des serveurs propres à l’éditeur, mais force est de constater que ç’aurait été un atout réel pour un titre que l’on vous recommandait déjà en fin d’année dernière.
Verdict
Sans revenir sur l’ensemble de nos réserves déjà évoquées lors de notre test PS5 (les thèmes musicaux payants entre 10 et 15 € malgré l’achat de l’édition Ultimate à 119,99 €, les phases de puzzle particulièrement peu exigeantes, ou encore des dialogues à choix multiples à l’implication limitée), cette version Switch 2 de Digimon Story Time Stranger est à considérer sérieusement si vous n’avez pas encore eu l’occasion de poser les mains sur ce qui est sans doute le meilleur jeu de la franchise, et le plus abouti. Pour ceux qui le posséderaient déjà sur une autre plateforme, l’intérêt reste réduit puisqu’il n’y a pas de cross-save. Quoiqu’une nouvelle extension – d’une durée bien plus conséquente que les courts DLC du Season Pass et jugés peu convaincants par les amateurs de la franchise – pointera le bout de son nez en 2027. Peut-être est-ce l’occasion de migrer vers cette version permettant le jeu nomade, un atout non négligeable pour avoir ses monstres digitaux partout avec soi.
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